|
|
|
|
|
Le site de
l'OUPILLERE
Le site de l'Oupillère et le travail associatif local.
|
|
La Vallée de l'Yèvre et du Croulas, située entre la commune de Vignoux
et Foẽcy, est depuis une dizaine d'années l'objet d'une attention toute
particulière. Des scientifiques, des élus, des structures agricoles et
associatives mettent tout en oeuvre depuis dix ans pour sauver ce qui
reste d'un paradis naturel.
En effet, le Conservatoire du Patrimoine de la Région Centre, qui
depuis 1990 fait un peu le même travail en plaine que le Conservatoire
du littoral maritime sur les côtes, s'intéresse à la prairie, tout
comme le GPOV (Groupement de protection des oiseaux du Vierzonnais),
l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) et la
DIREN (Direction Régionale de l'Environnement).
|

|
Le
râle des genêts (également appelé crex crex), petit oiseau de la
famille des rallidés et bien connu des agriculteurs locaux, est l'hôte
de ces lieux classés depuis 1992 en ZICO (Zone importante pour la
conservation des oiseaux), puis en ZPS (Zone de protection spéciale).
La zone devient un inventaire ZNIEFF(Zone naturelle d'intérêt
écologique faunistique et floristique) qui aboutit pour le reste de la
vallée entre Vierzon et Bourges en classement Zone Natura 2000.
Traditionnellement, cette prairie était exploitée soit pour le foin,
soit pour faire pâturer le bétail, soit pour la sylviculture du
peuplier. Située à deux pas du château de Charles VII à Mehun sur
Yèvre, elle possède une histoire assez originale. Par son cours d'eau
principal, l'Yèvre, elle est d'abord navigable au Moyen Age puis barrée
par une dizaine de moulins servant principalement jusqu'au milieu du
siècle dernier à la minoterie (3 moulins sont toujours debout à
Vignoux). Un barrage en amont de La Vernusse envoie un surplus d'eau
vers le Croulas pour actionner le moulin et le mécanisme de la roue à
aube.
Des activités ludiques comme le ball trap, le football ou le camping
sont organisées à la belle saison. Dans cet environnement naturel,
elles attirent des estivants à la buvette de la Gourde située prêt du
canal du Berry à deux pas. Les Raboliots locaux sont aussi occupés par
les lottes, poissons nocturnes, mythiques, présents dans le ruisseau du
Croulas.
La situation ne dure pas. En effet, l'espace naturel, déjà utilisé
après la guerre par une ligne THT EDF via le poste de transformation de
Marmagne, devient l'objet de toutes les convoitises. Pour la culture du
maïs, les pelleteuses creusent le lit mineur de l'Yèvre afin de limiter
les crues. Même si les dégâts sont moindres que sur l'Arnon, des
barrages sont malgré tout installés sur le cours de l'Yèvre à Vierzon
Forges dans le début des années 1970. Puis des carrières de sable
transforment la vallée vers Givry rive gauche. Enfin, la station
d'épuration de Foëcy est aussi construite à côté du pont « des
prés ». Arrivent alors des engins inimaginables dix ans avant. Ils
réussissent l'impensable : aligner une autoroute sur une dizaine
de kilomètres dans la vallée inondable côté Foëcy. Cela en est terminé
du restaurant de la Gourde ainsi que des poésies bucoliques du père
Jacquot qui ne s'en remettra pas. Les crottins de Chavignol du hameau
de Varennes remontent en Sologne malgré la résistance de Jean-François,
l'ami agriculteur qui fauche une partie du site pour le foin de ses
chèvres.
Il a donc fallu un concours de circonstance assez exceptionnel pour arrêter les industriels dévoreurs de nature :
- en premier lieu, le travail d'inventaire des bénévoles des associations naturalistes départementales,
- puis l'articulation de l'antenne du CREN à Vierzon, qui fait déjà un
travail important sur les sites proches de St Laurent en Allouis,
- la présence du Président du SIAEP M. ROLAND et celle du regretté
Roger MONTAGNE qui ont déjà fait un solide travail sur le foncier avec
la société de pêche du Vairon à Vignoux,
- la présence du Président du GPOV, M. REFEUILLE, lui aussi habitant la
commune, avec des écoutes nombreuses le soir pour localiser le râle des
genêts.
|

|
Malgré
quelques inquiétudes des chasseurs, le projet aboutit en 2007 à la
réalisation par le CREN d'un plan de gestion sur cinq ans ainsi
qu'à la signature d'une convention avec le SIAEP.
La procédure est un peu plus longue avec la Mairie de Foëcy également
partenaire de ce projet, mais qui prête attention aussi
légitimement à ses paysans locaux.
Tout aurait été sûrement sans effet si le site n'avait pas été utilisé
comme ressource d'eau potable depuis 1974 sur Vignoux, plus tard
sur Foëcy. En réalité, une directive Européenne permet via le
Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion du Comité Loire-Bretagne
(SDAG) de prendre des mesures de protection pour le périmètre des
puits de captage.
|
Grâce
à la disponibilité des salariés du CREN et de l'antenne de Vierzon
(dont l'animatrice habite alors Vignoux), à l'organisation d'une
dizaine de réunions en Mairie, et à la résolution du problème du
stationnement des gens du voyage (pas facile sur Vierzon), les
agriculteurs, la SAFER et les élus ont adhéré au projet. La zone en
question couvre 44 ha. Elle s'étend rive droite de la rivière d'Yèvre
sur environ 2 km et en petite partie sur la rive gauche du ruisseau du
Croulas qui coule parallèlement et se jette en aval au moulin de la
Vernusse dans la rivière Barangeon.
La difficulté est de retrouver les différents propriétaires qui sont au
nombre de 56. A cette époque, le CREN n'a pas de problème financier et
politique pour acheter des prés. En 2005, il réussit facilement à
acquérir 3 parcelles soit 5 ha environ. Chacun de leur côté en liaison
avec la SAFER, la commune de Foëcy et le SIAEP de Vignoux s'occupent de
l'achat des terrains restants.
|
L'Ecologie du site de l'Oupillère
|

|
L'intérêt
écologique du site, outre le coté sécurité sanitaire et eau potable,
réside dans la disparition des zones humides en France (surface de 3
départements en 100 ans). La vallée qui est inondée pratiquement tous
les ans a un rôle majeur dans l'équilibre de l'écosystème (biotopes
plus biocénose), et comme réserve d'eau potable, avec des milieux
variés ( phragmitaie, ripisylve, fausse rivière, saule en trogne et
aulnes). Le lac formé chaque année par la crue sert à amortir les
dégâts éventuels sur l'aval et Vierzon qui est tout proche, même si
l'impact de la construction de l'autoroute avec ses milliers de m3 de
terre n'a pas encore été évalué. Les mouettes rieuses profitent de
l'aubaine.
|
La
faune y est variée : 18 espèces de criquets, 40 de papillons, 2 de
coléoptères, 12 de libellules plus la mante religieuse, 3 d'amphibiens,
4 de reptiles, 53 d'oiseaux dont 35 nicheurs. Malheureusement le râle
des genêts n'est pas revenu depuis deux ans en basse vallée de l'Yèvre.
Vers Angers, la LPO, très présente en Région Ouest, a mis en place un
label Homme et Oiseau sur la viande de bovin. Des mesures
agro-environnementales (MATER actuelle) et des primes fauches
tardives ont permis le maintien de ce grand migrateur venu d'Afrique,
qui semble préférer maintenant l'Europe de l'Est l'été. Des inventaires
aquatiques, succins, ne semblent pas être trop optimistes sur la
qualité piscicole de la rivière de l'Yèvre.
|

|
Le Plan de gestion
|
Serge
GRESSETE, le Chargé d'étude scientifique, a élaboré ce plan de gestion
en attachant une attention particulière sur le Cuivré des Marais,
espèce de petit papillon protégé dont la chenille se développe sur les
oseilles sauvages.
les principales mesures prévues sont la fauche du foin centrifuge et la
mise au pré tardive avec bandes refuges, la reproduction des brochets,
la taille en têtard des saules, la signalétique du site, sans oublier
la lutte contre les espèces invasives comme la Jussie, plante aquatique
infernale qui vient d'Amérique du Sud et qui s'installe sur le bassin
de l'Yèvre à partir des Marais de Bourges.
Les méthodes agricoles modernes et la disparition de l'élevage ont
malheureusement un impact indéniable sur la faune et la flore. Un pré
brouté est particulièrement mieux habité par les graminées divers.
Les racines paysannes de chacun d'entre nous étant encore sensibles,
la meilleure solution pour arriver à un consensus acceptable et
démocratique serait de réunir autour d'une table les acteurs impliqués
en activant par exemple une commission de site de l'Oupillère
(SIAEP, Mairies de Foẽcy et Vignoux, agriculteurs, chasseurs, pêcheurs
et propriétaires, DREAL et Conservatoire du Patrimoine Naturel), voir,
en réalisant des visites de sites et des conférences publiques.
Cela devrait bientôt se mettre en place avec l'installation des
nouveaux salariés du Conservatoire à l'antenne de Vierzon.
|
LECHELON Jean-Claude, Conservateur local du site.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
© 2009 Vignoux Media Infos |
 |
|
|