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VIGNOUX SUR BARANGEON


UN VILLAGE BERRICHON DANS

 
L’HISTOIRE DE FRANCE

Vignoux sur Barangeon n’a pas toujours été une entité unique. En effet, il fut un temps où on distinguait le hameau situé près de la rivière Barangeon et le hameau localisé lui sur les coteaux.
856 : VINOGILO. C’est le premier nom donné à Vignoux que l’on ait trouvé. Il désigne un lieu-dit recouvert de vignobles situé à l’actuel « Vieux Vignoux ». Il appartient aux domaines du seigneur de Mehun sur Yèvre.
1085 : VINOILO. Le village dépend alors du Vicomte de Bourges
1260 : pour la première fois, le nom de « BERENION » est mentionné. Il s’agit d’un petit hameau se situant le long de la route près de la rivière et indépendant du « Vieux Vignoux »
Entre 1270 et 1332 : VINEO. Le village dépend du seigneur de Mehun sur Yèvre.
1414 : BARENJON
1476 : VINOGNIOLO
1482 : VIGNO

L’histoire de France laisse une empreinte dans chaque commune. Vignoux sur Barangeon n’échappe pas à cette règle : guerres, illustres personnages, lieux, tous ont façonné à leur manière  le village de Vignoux sur Barangeon.
 
I – De la préhistoire à l’aube de la révolution française
 
Il n’existe aucune preuve permettant d’affirmer que le site qui allait devenir Vignoux sur Barangeon était peuplé pendant la préhistoire. Selon toute vraisemblance, c’était une zone forestière. 700 ans avant JC, la région était habitée par des Gaulois du nom de Biturige. Mais encore une fois, on ne trouve aucune trace de ce peuple à Vignoux.
 
Ce n’est que durant la période gallo-romaine que cette zone commence à revêtir un intérêt. En effet, Avaricum, qui allait devenir Bourges, est relié aux cités voisines par des voies romaines. L’une d’entre elle traverse le site de Vignoux sur Barangeon. Il s’agit de la voie d’Avaricum.
 
Le territoire, est la proie des invasions barbares. Les Wisigoths s’installent dans la région, mais sont bientôt chassés par les Francs. Suite au baptême de Clovis, les ecclésiastiques souhaitent l’avoir pour roi. C’est ainsi que l’évêque de Bourges facilite la venue des Francs dans le Berry. Malheureusement, les Francs sont un peuple querelleur notamment en matière de succession. La région de Vignoux tombe alors en friches. Les routes ne sont plus entretenues. L’insécurité règne n’incitant pas au commerce.
 
Il fallut attendre le règne des Carolingiens et notamment celui de Charlemagne pour que la France connaisse un temps de paix. Les villages berrichons s’organisent autour de l’église paroissiale. C’est en 856 qu’on trouve le premier nom donné à Vignoux : VINOGILO.
 
Le temps de paix ne dure pas. Les Normands envahissent à leur tour la France en remontant les fleuves, notamment la Loire. Ils atteignent ainsi Bourges en 867. Certains s’installent près de Vinogilo. Aujourd’hui encore, ce lieu-dit porte le nom de « Normandie ».
 
Durant l’époque féodale (980 – 1075), les paysans sont frappés par des conditions climatiques désastreuses entraînant de mauvaises récoltes et la famine. Cette période est d’autant plus troublée que les seigneurs veulent être de plus en plus indépendants du roi. L’église tient également une place de plus en plus forte dans les campagnes. Grâce à un document datant de 1085, on sait qu’il y avait déjà une église à Vignoux.
 
Sous Philippe Auguste, la région est le théâtre de nombreux affrontements entre les Français et les Anglais.
Entre 1270 et 1332, Vignoux, qui porte alors le nom de VINEO, dépend du seigneur de Mehun sur Yèvre. La région est frappée par une grande famine entre 1316 et 1318. Les maladies sévissent également dans le Berry.
En 1332, Vignoux appartient au domaine royal de Philippe VI. Ce dernier affranchit alors les paysans.
La France connaît une période difficile avec la Guerre de Cent ans (1338 – 1440). La région et Vignoux n’y échappent pas. Les Anglais s’installent à Vierzon et Vouzeron en 1360. Il faudra attendre 1370 pour que Vierzon soit délivré par Du Guesclin. C’est aussi à cette époque qu’un nouvel impôt, la gabelle, est établi. Un dépôt de sel est alors construit à Vignoux. Le hameau prendra le nom de « Village Salé » (ou « les Salés »). Entre 1429 et 1430, Jeanne d’Arc passe de nombreuses fois à Vignoux afin de retrouver le roi Charles VII à Mehun sur Yèvre. Durant la Guerre de Cent ans, Vignoux vit donc au rythme des affrontements et de la maladie avec une nouvelle épidémie de Peste.
 
Une majorité de communes françaises ont sur leur territoire un château, vestige de l’histoire de France. Vignoux en fait partie.
Le château de Bourdeilles aurait été bâti au XVe siècle. Pendant le XVIe siècle, celui-ci appartenait à la famille Achard. Au fur et à mesure des mariages, décès et successions, le château est passé de famille en famille (à noter qu’Adam Fumée, le 1er médecin du roi Charles VII, en a été le propriétaire).
Au milieu du XVIIIe siècle, le château de Bourdeilles appartient à Marguerite de Champagneux. Le 30 décembre 1759, cette dernière épouse en seconde noce Paul de Blosset.
Paul de Blosset effectue de nombreuses modifications du château en terme d’architecture. Il fait détruire les quatre tours pour les remplacer par quatre pavillons. De nouveaux communs sont bâtis. Le pont-levis et détruit et la rivière Barangeon détournée.
Paul de Blosset est embassadeur du roi Louis XV en Allemagne, au Danemark et au Portugal. Le 7 août 1774, par décision de Louis XV, la seigneurerie de Bourdeilles devient marquisat en faveur de Monsieur de Blosset. Le château de Bourdeilles devient ainsi le château du Blosset. Ce dernier porte toujours ce nom de nos jours.

Vignoux = une famille
Il n’est pas rare que certains personnages ou qu’une famille s’illustre dans l’histoire d’une commune. Pour le village de Vignoux sur Barangeon, il s’agit de la famille DE BOYAU.
Sous Louis XI et Charles VII, les BOYAU ont des charges importantes à la Cour. Ce sont eux qui s’occupent de la mise en place de l’Angelus en 1472.
En 1539, François 1er remplace le latin par le français dans la rédaction des jugements, et des actes notariés, registres des baptêmes, des mariages et des enterrements. C’est le seigneur Boyau qui transmet au curé de Vignoux cette ordonnance royale qui crée le 1er état civil. Les Boyau deviennent chevaliers sous Louis XIV. Ils habitent alors dans un hameau qui s’appelle encore aujourd’hui « Les Chevaliers ».
 
En 1491, pendant la reconstruction, Charles VIII alors roi de France est amené à séjourner une nuit au Château de Bourdeilles. Il envoie Béraud Stuard, Monseigneur d’Aubigny, à Bourges. Celui-ci revient avec le Duc d’Orléans qui s’était dressé contre la famille royale. En arrivant en face de Charles VIII, au pont du Barangeon, le Duc d’Orléans se jette à ses genoux en signe de soumission au roi. Cette réconciliation historique a eu lieu à Vignoux sur Barangeon.
 
A la fin du XVIe siècle, le pays est la proie des guerres de religion. Vignoux n’y échappe pas. Le 24 juillet 1589, les protestants de Sancerre prennent et pillent le château de Villemenard, alors vassal de Bourdeilles. En septembre de la même année, les Catholiques reprennent les deux châteaux par la force ce qui conduira à la destruction de Villemenard.
 
Pendant le XVIe siècle, le village a également connu de fortes intempéries qui causèrent la destruction de nombreuses habitations ainsi que celle des forêts. Le 16 août 1522, un très fort séisme a été ressenti à Vignoux. Enfin, neuf épidémies de peste se sont succédées. Le XVIe siècle n’a pas été tendre avec le village et ses habitants.
 
Le début du XVIIe siècle ne semble pas apporter plus d’espoir. Les guerres de religion persistent. Les épidémies de peste continuent de sévir dans la région Vierzonnaise. Cependant, Henri IV semble soucieux du bien-être des français. Il remet de l’ordre dans le pays, et décide de prendre des mesures pour améliorer la vie des paysans. Malheureusement, les Guerres de la Fronde ont amené la misère dans le Berry. Vignoux continue de subir la famine, les maladies et les ravages de la guerre. A la fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe, Colbert est alors propriétaire de l’Hôtel Jacques Cœur à Bourges. Il essaie de ranimer l’industrie du Berry par le développement des manufactures, mais sans succès.
 
Le XVIIIe siècle n’apporte aucune amélioration : instabilité financière, mauvaises récoltes, intempéries, inondations de l’Yèvre et du Barangeon influencent la variation de la population de Vignoux sur Barangeon qui compte plus de décès que de naissances.
Le gouvernement reproche aux Berrichons de ne pas s’investir autant qu’il  le faudrait pour obtenir un rendement suffisant de son agriculture. Le 30/10/1783, l’assemblée provinciale dresse un procès-verbal en faisant état et proposant des « remèdes aux maux du Berri » à faire approuver par le roi. Trois ans plus tard, l’assemblée provinciale ne peut que constater l’absence d’amélioration des conditions de vie des Berrichons. De nouvelles propositions sont soumises au roi. Mais en cette fin du XVIIIe siècle, la colère du peuple vis-à-vis de la famille royale s’accentue. La situation politique et sociale du pays est telle que le sort des Berrichons importe peu.
 
 
II – De 1789 à 1914

Le Marquis de Blosset avait pour habitude d’aider la population quand les temps étaient difficiles. Quand les troubles révolutionnaires ont commencé dans le pays, il s’est expatrié à Vierzon.
Des documents d’époque montrent que le clergé de Vignoux suit plus ou moins les directives révolutionnaires. Par contre, peu de documents nous renseignent sur l’état d’esprit de la population. Néanmoins, la commune doit participer à « l’effort de guerre » tant sur le plan alimentaire que sur le plan humain.
Le marquis de Blosset ne réintègrera le Château qu’en 1795.
 
1799 marque l’arrivée de Napoléon Bonaparte à la tête du pays. En 1804, Napoléon  est proclamé Empereur.  La population ne souhaitait qu’ordre et tranquillité. Napoléon règne tel Louis XIV.

L’un des faits marquant pour les habitants Vignoux en ce début du XIXe siècle est le décès du marquis de Blosset le 16 septembre 1809. N’ayant pas de descendance, tous ses biens sont légués à son neveu Philibert d’Estutt Comte d’Assay. Les terres étant à l’état d’abandon, le Comte d’Assay entreprend de les défricher et les assainir. Les cultures redeviennent abondantes. Mais les ouvriers agricoles manquent à cause des demandes croissantes en soldats. Les enfants doivent aider aux tâches domestiques et ne vont pas à l’école. Seuls les enfants de chœur reçoivent une instruction en lecture, écriture, calcul et chant religieux.

Mauvaises récoltes et maladies sévissent en 1810 – 1811. Les jeunes gens qui rentrent dans leur vingtième année doivent faire face à la conscription qui se fait par le biais d’un tirage au sort. Sont désignés pour aller au front les hommes qui ont tiré un mauvais numéro et mesurent plus d’1m54. Quinze habitants meurent à la guerre.

Entre 1826 et 1848, la commune acquiert un terrain pour un nouveau cimetière, et entreprend les réparations de l’église qui se situe alors au « Vieux Vignoux ».

En 1833, une loi scolaire rend obligatoire la présence d’une école de garçon dans chaque commune. Jusque là, Vignoux n’en avait pas. Un local est trouvé au village des Moreaux avec la participation du village de Saint Laurent. Le Comte Henri d’Assay envoie son régisseur Pierre Boulin à l’Ecole Normale de Bourges. Il deviendra le premier instituteur de la commune.

En 1836, le Premier Ministre Thiers oblige les autorités communales à entreprendre des travaux de voirie. Ceci contribue à faciliter les communications et à diminuer l’isolement des certains hameaux.
Le 28 février 1841, Vignoux s’associe aux efforts financiers de toutes les communes du Cher pour le projet de chemin de fer entre Orléans et Vierzon.

Au niveau politique, Louis Philippe est renversé au milieu du XIXe siècle. Louis Napoléon sera élu à la présidence le 7 mai 1852. Tout le Conseil Municipal de Vignoux jure fidélité à la Constitution et au nouveau Président.

Une loi de 1850 décrète obligatoire l’ouverture d’une école de fille pour toutes les communes ayant plus de 800 habitants. Vignoux se dotera d’une école de fille privée et catholique au Château du Blosset.
En janvier 1854, par un arrêté préfectoral, le Comte Raoul de Villemotte propriétaire du Blosset, est nommé maire de la commune. Il offre des terrains à bâtir pour la transplantation de l’église, du presbytère et du cimetière. Cela contribuera à transporter tout le centre de la vie communale à Barangeon. La construction de la nouvelle église commence en 1859. L’édifice est bâti en une année. Le Comte Raoul de Villemotte devient ainsi le bienfaiteur de la commune.

En 1863, une mairie-école est construite. Vignoux bénéficie d’une bonne image alentours, comme étant une commune calme, et devenant de plus en plus florissante. Dans les années 1860, les chemins communaux sont aménagés.

Au niveau national, Napoléon III rentre en guerre contre la Prusse. Le 2 septembre 1870, c’est la défaite de Sedan. La République est proclamée. Une garde nationale sédentaire est constituée à Vignoux. Le Blosset sert d’hôpital militaire. A la retraite des armées de la Loire, des soldats prussiens occupent la région. Un officier prussien est abattu vers le pont du barangeon. Les troupes ennemies menacent alors de raser le village. Quelques habitants parviennent à rejoindre les troupes françaises basées vers Bourges. Elles réussissent à chasser les ennemis.

La France capitule le 28 janvier 1871 et perd l’Alsace-Lorraine. La IIIe République est proclamée. La tranquillité est toujours de mise à Vignoux. En cette fin de XIXe siècle, le conseil municipal investit dans les voies communales à construire ou à rénover. Il tente également de venir en aide aux victimes des intempéries.
En 1881 et 1882, ce sont les Lois Scolaires de Jules Ferry. La Loi du 16 juin 1881 impose à toutes les communes de plus de 400 habitants d’avoir une école de fille. Une lutte acharnée s’opère entre le préfet et le conseil municipal qui ne souhaite pas investir dans une école publique de filles étant donné que la commune dispose déjà d’une école privée. Le conseil municipal finira pas se soumettre à cette décision. L’école de fille privée du « Prieuré » ferme en 1903.

A l’aube du XXe siècle, la commune compte 1376 habitants. De décembre 1901 et  à novembre 1905, elle investit petit à petit dans un corps de Sapeurs pompiers. Le téléphone arrive en 1905 avec l’installation d’un poste téléphonique.

Des discussions commencent à avoir lieu pour que Vignoux ait sa gare et son train. Il s’agit d‘un train départemental reliant Vierzon au Nord-Est du département. Le projet de ligne est déposé le 31 janvier 1907. Les travaux de construction de la ligne débute en 1913. Le 9 mars 1914, le réseau est ouvert au public. La gare se situe à l’emplacement du bureau de Poste actuel. A l’arrivée du train dans le bourg, c’est à chaque fois l’effervescence. Les habitants en profite pour aller à Vierzon vendre leur production. Mais bientôt tout cela passe au second plan, les rumeurs d’une nouvelle grande guerre se faisant de plus en plus pressantes….

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